Les Gilets Jaunes 63

Citoyens, réveillez-vous !

Mois : avril 2019 Page 1 of 3

Le laminoir des partis

À quelques semaines des élections européennes, séduction et clientélisme vont bon train. Dans ce contexte, il peut être utile de lire ou relire cette lettre écrite par un camarade italien salarié en France qui revient sur les tentatives d’instrumentalisation politique de notre mouvement.

« Chers gilets jaunes, chers camarades de lutte,

Je suis un travailleur italien qui habite en France depuis quelques années et qui a pris part au mouvement des gilets jaunes depuis le début. Je vis en France car, comme de nombreux autres travailleurs du Sud de l’Europe, italiens, espagnols, grecs, portugais, je suis émigré à cause des politiques d’austérité. Dans mon pays, les politiques néolibérales et les restrictions budgétaires sont arrivées bien plus tôt qu’en France, juste après la crise de 2008. Ces politiques, comme vous le savez, n’ont produit que plus de chômage, plus de précarité et plus de privatisations des services publics : des hôpitaux, des écoles, des universités. L’effondrement du Pont Morandi à Gênes l’été dernier, en est le bien triste symbole. Les politiques d’austérité brisent la cohésion sociale, enferment dans la solitude et l’isolement et alimentent la guerre parmi les pauvres. Comme vous le savez bien, c’est une véritable guerre sociale qui a été menée par les élites ces dernières années à l’échelle européenne. Cette guerre, qui a commencé dans les pays du sud de l’Europe, est maintenant arrivée en France par l’intermédiaire de Macron.

J’ai participé à tous les Actes du mouvement, y compris pendant la période de Noël : j’ai toujours été là ! J’ai découvert un mouvement extraordinaire ouvert à tout le monde, peu importe la nationalité ou la couleur de la peau. Ça a été pour moi un Noël exceptionnel, celui de 2018 : je l’ai passé avec vous sur les blocages et dans les rues de Paris, les samedis et la nuit du réveillon sur les Champs Élysées. Samedi dernier, j’étais encore dans la rue avec vous pour l’Acte VIII, et j’y serai les prochaines semaines, jusqu’à notre victoire.

J’ai découvert, pendant ces huit semaines de lutte et de révolte populaire, le sens des mots solidarité, fraternité, liberté, égalité, démocratie. La lutte des gilets jaunes va bien au-delà de la France. Si nous réussissons à vaincre en France, le pays où la révolution est née, les gilets jaunes pourrons vaincre aussi ailleurs, en suivant notre exemple.

Les médias français ne parlent pas beaucoup du fait que les gilets jaunes sont déjà en train d’apparaître dans d’autres régions et pays, avec une auto-organisation par le bas : dans les Pays Basques, la Catalogne, en Belgique, aux Pays Bas, en Allemagne, en Grèce, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Par contre, ils parlent du soutien envers les gilets jaunes que les gouvernants et politiciens d’autres pays expriment.

J’ai lu hier dans les journaux français que le vice-président du gouvernement italien, et leader du Mouvement Cinq Etoiles, Luigi di Maio, avait exprimé son soutien au mouvement des gilets jaunes. Les médias français ont mis en avant cette nouvelle. Pourquoi ? Pourquoi un acte de propagande de la part d’un politicard italien a-t-il été repris et souligné avec insistance par les médias français ? Pourquoi les médias français ne parlent-t-ils pas de tous les citoyens européens qui soutiennent les gilets jaunes et qui veulent suivre leur exemple ? Ça les intéresse de parler de Di Maio, de Salvini, d’Assad, de Poutine pour brouiller l’image du mouvement, pour montrer à l’opinion publique que les gilets jaunes ne sont pas indépendants, qu’ils sont pilotés et manipulés par les gouvernements d’autres pays ou par quelque complot international fantomatique.

Il s’agit de la dernière falsification des médias : après avoir accusé le mouvement de racisme et d’antisémitisme, après avoir soutenu que sa revendication principale concernait le « mariage pour tous », ils essaient maintenant d’insinuer que le mouvement est guidé par des pays étrangers et des gouvernements populistes. Tout ça nous fait doucement rigoler ! Continuons à lutter et à bloquer le pays ! Le fait qu’on parle toujours plus des gilets jaunes à l’étranger est tout simplement un signe de la force de notre lutte.

En tant que citoyen d’origine italienne je veux ajouter une chose sur Luigi Di Maio, le vice-président de « mon » gouvernement. Pourquoi ce bonhomme qui porte le costard et la cravate – même quand il dort – déclare-t-il qu’il soutient les gilets jaunes et qu’il veut mettre la plateforme numérique Rousseau à disposition du mouvement ? Pourquoi Di Maio n’a-t-il pas prononcé un seul mot sur les gilets jaunes pendant huit semaines, et se met tout d’un coup à en parler ? La réponse est simple : Di Maio ne fait plus consensus et manque désormais de légitimité en Italie, car il a trahi son peuple dans la négociation avec l’Europe et n’a pas maintenu ses promesses électorales. Di Maio fait l’éloge des Gilets Jaunes parce qu’il sait que les citoyens italiens soutiennent le mouvement français. Il essaie de s’approprier le consensus des italiens en faisant l’éloge des gilets jaunes.

Di Maio est un imposteur, un menteur, un manipulateur. Ses électeurs ne vont pas lui pardonner la manière dont il a trahi les principales promesses qu’il avait tenues pendant sa campagne électorale. Di Maio disait vouloir défendre le patrimoine public et les biens communs en Italie, mais dans les négociations avec Bruxelles il a mis sur la table la vente du patrimoine public italien aux privés, pour une valeur de 16 milliards : immeubles, terrains de propriété publique, biens d’importance historique et culturelle. Et vous connaissez très bien toute l’importance du patrimoine historique et culturel italien. Avant les élections, Di Maio disait vouloir mettre un frein aux « grands projets inutiles » comme le viaduc dans les Puouilles qui est en train de ravager le territoire et les plages de cette région magnifique, ou comme le « Terzo Valico » en Ligurie. Mais lui et Salvini ont décidé de poursuivre la dévastation des beautés du territoire italien.

Comme les vieux politicards, ces « nouveaux » politicards du gouvernement italien ont poursuivi une politique de privatisation des biens et des services publics. Di Maio avait promis, contre la pauvreté, le revenu de citoyenneté. Mais il a approuvé une mesure d’assistanat humiliante pour les chômeurs italiens. Di Maio et Salvini disaient vouloir réduire la pression fiscale en Italie, mais il n’y a pas eu le moindre changement en ce sens. Di Maio et Salvini disaient qu’ils refuseraient de respecter les restrictions budgétaires imposées par Bruxelles, pour pouvoir relancer les politiques d’investissement et soutenir le travail en Italie. À la première menace de Bruxelles, ils ont pourtant immédiatement cédé, pour la simple raison que ce sont des imposteurs.

La plateforme numérique Rousseau que Di Maio voudrait mettre à disposition des gilets jaunes est tout simplement une arnaque. Le simple fait de croire que notre mouvement en a besoin est une insulte aux gilets jaunes. La plateforme Rousseau est contraire à l’esprit de partage et de liberté du net. Malgré son nom, elle ne favorise pas la participation directe, son code et son algorithme n’étant ni libres ni à la disposition de tous. Elle est la propriété privée d’une firme, la Casaleggio Associati, qui a pris en otage les encartés au Mouvement Cinq Etoiles. Macron et Di Maio, bien qu’ils se présentent comme deux figures opposées, partagent le même rêve de faire de la France et de l’Italie une start-up nation ! Le mouvement des gilets jaunes, par contre, a démontré qu’il était capable de s’auto-organiser online, d’utiliser des canaux de communication indépendants pour organiser chaque Acte, pour prendre des décisions collectives, pour rédiger des listes de revendications. Nous avons fait un usage conscient et collectif des outils du net. Non, nous n’avons pas besoin d’une plateforme qui porte le nom de « Rousseau » pour usurper la démocratie directe et piéger les citoyens !
Di Maio a toujours déclaré que s’il n’y avait pas eu le Mouvement Cinq Étoiles en Italie, il y aurait eu une révolution. Di Maio craint la révolution et il a toujours pris le parti de la police quand les citoyens ne respectaient pas ce que leur imposaient le Ministre des affaires Intérieures et les Préfets. Le Mouvement Cinq Etoiles a récupéré et instrumentalisé le sentiment de ras-le-bol des citoyens italiens vis-à-vis du vieux système politique corrompu, en leur donnant l’illusion de pouvoir changer le pays par voie électorale. Mais nous, les gilets jaunes, nous savons très bien qu’on ne peut pas changer grand-chose par la seule voie des élections ! et que celles et ceux qui voudront représenter les gilets jaunes aux prochaines élections européennes seront des manipulateurs !

Di Maio disait vouloir introduire en Italie la démocratie directe, et pourtant, dès qu’il a rejoint le gouvernement il a fait un compromis typiquement « vieille politique » avec Matteo Salvini, un autre politicard professionnel qui fait de la politique depuis plus de vingt ans, aux frais des contribuables italiens. Salvini appartient à un parti caméléon qui, il y a quelques années seulement, prêchait pour la séparation du Nord (riche) de l’Italie à l’égard du Sud (pauvre), et qui aujourd’hui, soudainement, se fait l’apôtre de l’unité du pays, en s’attaquant aux plus pauvres, en renforçant le racisme d’État et en fermant les ports.

La parabole italienne est utile pour nous, gilets jaunes, pour une raison notamment. Elle nous montre bien qu’en Europe nous avons deux ennemis à combattre : d’un côté, les élites néolibérales de Bruxelles et leurs représentants en France et ailleurs ; de l’autre, les faux tribuns de la plèbe, qui défendent la démocratie directe pour piéger les citoyens européens et pour les illusionner.

Refusons la récupération politique, d’où qu’elle vienne ! »

Ndlr : en février 1950 paraissait une Note de Simone Weil dans la revue La Table ronde intitulée Sur la suppression générale des partis politiques. 

Le pamphlet, d’une implacable actualité, dressait déjà le constat d’une vie sociale gangrénée par le jeu politicien : 

« Les partis sont un merveilleux mécanisme, par la vertu duquel, dans toute l’étendue d’un pays, pas un esprit ne donne son attention à l’effort de discerner, dans les affaires publiques, le bien, la justice, la vérité. 

Il en résulte que – sauf un très petit nombre de coïncidences fortuites – il n’est décidé et exécuté que des mesures contraires au bien public, à la justice et à la vérité.

Si on confiait au diable l’organisation de la vie publique, il ne pourrait rien imaginer de plus ingénieux. » 

Sans invitation

Plusieurs dizaines de Gilets Jaunes se sont rendus au meeting de la liste LAREM aux européennes dite « Renaissance » organisé ce samedi à Cournon par la section locale pour faire savoir tout le bien qu’ils pensent de la politique actuelle du gouvernement.

Une action non violente de sabotage de campagne qui rappelle aux partis engagés dans la course au parlement européen, que le mouvement social entend bien continuer à peser dans le débat et ne se laissera pas imposer son agenda politique comme ce fût le cas en 2005.

Duel au gourdin, la Rixe, Francisco de Goya, 1819-1823

Bravo aux camarades présents ! Multiplions les initiatives et concentrons nos forces !

Critique de proximité

 

Fondé en 2012 par Julien et Etienne Dupoux, deux frères Creusois, fils de fermier de Fontanières, ce trimestriel totalement indépendant (et bénévole) couvre l’actualité de la Creuse, de l’Allier et du Puy-de-Dôme sous le prisme des rapports de pouvoir locaux entre paysannerie, citoyens, État et intérêts privés.

Le canard est tiré à mille exemplaires et diffusé chez les marchands de journaux d’une dizaine de cantons. Des enquêtes, reportages de terrain et une ligne éditoriale satirique que ne saurait renier tout bon Gilet Jaune qui se respecte. 

Nous invitons tous les camarades mobilisés au sein du mouvement régional à soutenir l’équipe de rédaction qui a besoin de renfort pour que continue à vivre Le Trou des Combrailles, porte-voix de nos territoires depuis presque une décennie et précieux allié du combat à venir dans lequel nous sommes tous engagés.

Diffusez, proposez, agissez !

Adresse : Mairie, 63330 Vergheas. Contact : 05 55 82 37 91. Adresse électronique : troudescombrailles@gmx.fr

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Plan de bataille

(SE) PRÉPARER (A) LA TEMPÊTE

Par Cerveaux non disponibles, le 11 avril 2019

Il y a deux façons d’analyser la période actuelle du mouvement des Gilets Jaunes : la première, celle du gouvernement et des médias, consiste à se convaincre que la mobilisation s’essouffle de samedi en samedi et que le mouvement va petit à petit prendre fin, notamment grâce au miracle du grand débat.

L’autre façon d’analyser cette séquence est beaucoup plus enthousiasmante : depuis quelques jours, une effervescence presque souterraine traverse le mouvement. Au-delà des mobilisations du samedi, de nombreux citoyens se réunissent et lancent des initiatives : l’appel de Saint-Nazaire, la semaine jaune, le front populaire à partir du 27 avril, des propositions de jonction entre mouvement écolo et GJ, l’occupation des ronds-points avec des banquets à partir du 04 mai, l’appel pour un 1er mai offensif et solidaire…

Nous pourrions donc être dans cette fameuse période de “calme avant la tempête”. Avec l’idée que la tempête débuterait le 20 avril avec le deuxième ultimatum sur Paris. A partir de cette date, un enchainement d’actions et d’initiatives pourrait lancer une dynamique de lutte quasi permanente, afin de rompre avec les deux aspects les plus décriés du mouvement : les manifs déclarées et inoffensives et le fait d’agir uniquement le samedi.

Si cette prévision se révèle juste, il importe à tous ceux qui aspirent à un changement radical du système d’utiliser les derniers jours de calme pour préparer au mieux cette tempête.

1/ Se préparer personnellement, pour savoir jusqu’où l’on est prêt à engager son corps et sa vie personnelle/professionnelle dans cette lutte. En cela, il est assez étonnant de voir que malgré les menaces et la répression aveugle que subit le mouvement, plus de 40 000 personnes se sont inscrits sur les divers événements du 20 avril. Encore plus surprenant, plus de 10 000 personnes sont inscrites sur l’événement facebook du 1er mai « Acte Ultime, Paris Capitale de l’émeute » ! C’est un signe fort qu’une partie de plus en plus grande de la population ne supporte plus d’être écrasée et humiliée par quelques puissants, et qu’aucune carotte ni aucun bâton ne pourra calmer cette colère.

L’ampleur des mobilisations du 20 avril, du 27 avril, du 1er mai et des jours suivants sera ultra déterminante. Le mouvement s’approche en effet d’un seuil critique de personnes présentes et offensives. Un seuil qui pourrait transformer la révolte en véritable remise en cause du système. Mais, en plus d’une mobilisation massive et encore supérieure à celle du 16 mars, il faudra également avoir préparé le terrain pour construire des espaces de luttes avant et après les manifestations de rue.

2/ Se préparer collectivement donc. Car les différentes mobilisations auront beau être massives et déterminées, il faudra être en mesure de proposer aux Gilets Jaunes et autres citoyens en colère des lieux pour se réunir dans la durée. Des lieux pour débattre. Des lieux pour initier des propositions politiques et sociales. Des lieux également pour rencontrer les citoyens qui ne seraient pas encore entrés dans la lutte mais qui pourraient le faire : occupations de rond-points, création de cabanes de GJ, occupations de bâtiments, de places… Reprenons ce qui est à nous, et reprenons le pour lutter et pour se rencontrer. De nombreuses autres idées peuvent (et doivent) sûrement voir le jour. La chance du mouvement, et sa force, se trouve dans son horizontalité et dans le fait que chacun peut lancer une idée, et que celle-ci se verra réalisée si assez de GJ la trouve intéressante et souhaitent la mettre en œuvre. Que ces jours soient donc la période où fleurissent les idées et les propositions. Pour que dans quelques jours puissent éclore les fleurs de la révolte.

Soutenez les camarades de la vie manifeste

https://laviemanifeste.com/archives/12015

Les Gilets Jaunes d’Ambert

À mi-chemin entre Ambert et Marsac, sur la D906, un groupe d’une quinzaine de valeureux camarades tient un rond-point transformé tous les dimanches à partir de 17h en lieu de palabre sur les thématiques qui préoccupent notre mouvement.

Ouvert à tous, ces ateliers font l’objet de synthèses et publications sur les réseaux sociaux afin de partager et prolonger le débat avec le plus grand nombre.

https://m.facebook.com/groups/384307855647075?group_view_referr

Tous les Gilets Jaunes du Puy-de-Dôme ou de passage dans la région sont invités à participer à ces assemblées hebdomadaires afin d’enrichir nos réflexions, clarifier nos positions et définir une stratégie face aux politiques gouvernementales et la paupérisation croissante de nos villes et nos villages !

Rejoignez-les !

Par-delà les corporatismes

Hôpitaux et Fonction Publique : grève unitaire et manifestations le 9 mai

Communiqué intersyndical du 12 avril 2019

Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires, et UNSA de la Fonction publique affirment de nouveau leur attachement aux valeurs du service public et à une Fonction publique au service de toutes et tous, porteuse de l’intérêt général.

Depuis de nombreux mois, en dépit de leurs revendications et propositions, elles constatent que le pouvoir exécutif poursuit une politique contraire aux intérêts de la population, néfaste pour les missions publiques et pour les agent-e-s. Le gouvernement pratique le double langage en prônant la modernisation de la Fonction publique et le respect des agent-e-s public-que-s, alors même qu’il ne revalorise pas leur rémunération, qu’il supprime des postes, engendrant une forte dégradation des conditions de travail, et veut affaiblir leurs droits et garanties.

Les personnels, avec leurs organisations syndicales, revendiquent l’augmentation de la valeur du point d’indice afin d’améliorer leur pouvoir d’achat, la suppression du jour de carence et rappellent leur opposition aux 120 000 nouvelles suppressions de postes annoncées.

A de multiples reprises, nos organisations se sont opposées à ces mesures et ont mis sur la table des propositions alternatives.

Poursuivant leur politique, toujours sans tenir grand compte des organisations syndicales représentatives, le Président de la République et le gouvernement comptent faire adopter au Parlement, d’ici au début de l’été, une loi dite de transformation de la fonction publique dont nombre de dispositions ont une portée très grave tant pour les agent-e-s et les citoyen-ne-s que pour l’avenir de la Fonction publique.

Il en est ainsi, par exemple, de la mise en place d’une instance unique en lieu et place des comités techniques et CHSCT, instance qui risque de diluer et amoindrir les actions dans des domaines essentiels de la sécurité, de la santé et de la vie au travail. C’est aussi le cas avec la suppression des compétences des CAP en matière de promotion et de mobilité, mesure qui va favoriser une gestion opaque et priver les personnels de recours contre l’arbitraire.

Avec le recours au recrutement accru à tous les niveaux de contractuel-le-s, la précarité sera encore aggravée particulièrement avec des contrats de mission à durée déterminée pouvant être rompu à tout moment. Par ailleurs, aucune amélioration substantielle des garanties collectives ni sécurisation des parcours professionnels n’est envisagé pour les contractuel-le-s pas plus qu’un encadrement plus strict des conditions de recrutement et de formation. De plus, c’est l’égalité d’accès aux emplois publics et les garanties de neutralité de l’agent public qui sont menacées.

Après des communiqués unitaires, après des délais de consultations des instances supérieures de la Fonction publique peu respectueuses d’un dialogue social de qualité, après que toutes les organisations représentatives de la Fonction publique aient donné un avis défavorable au projet de loi dit de transformation de la fonction publique, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires, et UNSA réaffirment leur volonté de mettre en œuvre un processus de mobilisation inscrit dans la durée.
Pour dire non au projet de loi de transformation de la fonction publique et pour demander au gouvernement qu’il ouvre enfin des négociations sur de nouvelles bases, elles appellent d’ores et déjà toutes et tous les agent-e-s de la Fonction publique à se mettre en grève le jeudi 9 mai prochain, étape forte du processus de mobilisation.

Ndlr : Nombreux sont les Gilets Jaunes liés par leur profession à la Fonction Publique et tous sont attachés à la qualité de ses services. Ces derniers, par nécessité et solidarité soutiennent donc les agents du secteur, le principe de la grève et des manifestations. 

La stratégie unitaire est évidemment la bonne, cependant beaucoup d’entre nous sont sceptiques quant aux capacités (velléités ?) syndicales à durcir le ton et engager le mouvement social dans une lutte offensive plutôt que défensive dont l’on observe les échecs année après année.

Nous apportons donc notre soutien aux camarades exploités de la Fonction Publique, personnel hospitalier, salariés des EHPAD, employés municipaux, précaires de l’Éducation Nationale et des collectivités territoriales ; Mais nous appelons également les bases syndicales à exiger de leur direction une ligne claire et combative visant à la redéfinition complète du rapport de force entre l’État et les travailleurs.

Le temps du « dialogue social » est révolu. Ce sont les misérables conditions de vie matérielles et morales des masses salariées qui l’ont aboli, et la politique du gouvernement qui en a officialisé la rupture : le mouvement des Gilets Jaunes est la traduction de cette conflictualité grandissante. 

Nous disons à nos camarades fonctionnaires que le champ de la lutte doit être élargi à son maximum car le sens de leur engagement pour la collectivité ne pourra être retrouvé que dans notre émancipation commune des forces inhumaines de l’argent, celles pour qui la vie n’a d’autre valeur que celle du profit et de la rentabilité, qui saccagent nos existences, transforment celles de nos aînés en enfer et sabotent celles de nos enfants. 

Rejetons toutes les médiations qui voudraient nous enserrer dans de stériles et interminables discussions, conférences, Grenelles et ainsi nous retirer les moyens et objectifs de notre lutte ! Nous Gilets Jaunes, ne signerons aucun pacte ! Car c’est bien à l’assaut de la vie toute entière que notre mouvement est parti le 17 novembre dernier !

Amis salariés de l’État, grossissez nos rangs, nous grossirons les votres jusqu’à ce que le mouvement social ne fasse plus qu’un dans l’affirmation radicale de notre désir subversif : ni coupes ni rallonges budgétaires, ni austérité ni croissance, sortons de cette logique mortifère et plaçons ici et maintenant nos besoins essentiels au centre de la production humaine ! Assez de la gestion comptable et verticale de nos établissements ! Allons conquérir la dignité, la joie et l’amour intergénérationnel dont nous prive la division sociale du travail et le mode de production capitaliste !

Police préventive

Nantes : 14 personnes placées en garde en vue pour des banderoles et des pétards

Une banderole est déployée le lendemain lors de la manifestation en hommage aux camarades interpellés – Nantes Révoltée

Les faits se sont déroulés ce vendredi 12 avril à Nantes vers 15heures. 15 personnes qui fabriquaient des banderoles en vue de la manifestation de ce samedi ont été interpellées et 14 placées en garde vue. Parmi elles, une personne en fauteuil roulant relâchée dans la soirée.

Par Céline Dupeyrat, le 13 avril 2019

Les faits se sont déroulés aux alentours de 15 heures, près du Boulevard Vincent Gâche, en bords de Loire. Fleur qui venait participer à un atelier de fabrication de banderoles et d’affiches, en vue de la manifestations à l’appel des gilets jaunes et contre la loi anti casseurs de ce samedi 13 avril n’en revient toujours pas.

« Un dispositif policier totalement disproportionné »

En ce début d’après-midi, Fleur vient partciper à un atelier de fabrication de pancartes et d’affiches. « C’était un rassemblement décidé en AG et annoncé sur les réseaux sociaux. Rien de secret! Juste un atelier créatif , public et en plein air , de confection de pancartes et d’affiches avec des bombes de peinture pour la manif de ce samedi. Il y a vait une quinzaine de personnes. Le plus jeune avait 17 ans, la personne la plus âgée une soixantaine », raconte la jeune femme.

« Quand je suis arrivée, il y avait plusieurs voitures de police, , un camion cellulaire et de nombreux policiers en tenue et en civile. On aurait dit une opération anti-criminalité. Il y avait même un chien dans un des véhicules même s’ils ne l’ont pas descendu. Le dispositif était trés impresionnant. » Fleur

Des banderoles et des pétards

« Ils ont encerclé tout le monde. Ils ont contrôlé les identités, pris des photos individuelles. Chacun son tour. C’était très humiliant pour eux », ajoute Fleur. « Le contrôle a duré une heure. Tout le matériel a été confisqué. En plus des bombes de peintures, il y avait des pétards visiblement ».

15 personnes sont montées les unes après les autres dans les véhicules de Police. Transportées au commissariat elles ont été placées en garde à vue.

« Le pire, poursuit la jeune femme, c’est qu’ils ont embarqué une personne handicapée en fauteuil roulant. Elle a étét relâchée dans la soirée après avoir été rapidement auditionnée. » Fleur

La police reproche aux personnes interpellées « la participation à un groupement en vue de commettre des dégradations et des violences ». « Autrement dit on les arrête pour des faits qu’ils n’ont pas commis! C’est grotesque et hallucinant », conclut Fleur.

Les militants interrogés jugent l’opération de Police « totalement disproportionnée » et y voient « un empêchement de participer à la manifestation de ce samedi ».

Cela n’empêchera pas Fleur, par ailleurs street medic, d’être présente au côté des manifestants, ce samedi après-midi 13 avril dans les rues de Nantes.

Tous sont sortis, ce samedi 13 avril en début d’après-midi après 24 heures de garde à vue, sans aucune poursuite.

france3-regions.francetvinfo.fr

Ndlr : Dans son roman dystopique « Rapport Minoritaire » Philip K. Dick imagine une société dans laquelle la criminalité aurait été éradiquée grâce à la technologie précognitive qui permet en 2054 aux agents d’une organisation expérimentale du gouvernement de réprimer toute infraction à la loi avant qu’elles ne soient commises.

Nommée « Précrime » dans la fiction de l’auteur, celle-ci a déjà ses équivalents dans notre réalité, entièrement tournée vers le développement des techniques de surveillance et de contrôle :

https://information.tv5monde.com/info/technologies-de-prediction-du-crime-palantir-scrute-les-citoyens-de-la-nouvelle-orleans-en

Nous savons que la « stratégie du choc » (voir Naomi Klein) a vocation à créer un contexte favorable à la mise en place de dispositifs liberticides, c’est ce qui s’est passé aux États-Unis à la suite du 11 septembre 2001 avec l’adoption du Patriot Act. S’ensuivit la passation de divers contrats de défense et de sécurité intérieure entre l’État fédéral et des sociétés privées spécialisées dans la technologie de pointe.

La loi anti-casseurs, « visant à prévenir les violences lors des manifestations » de son vrai nom, sera-t-elle l’occasion pour les services de l’État français de faire un pas de plus vers l’aseptisation sociale et le nivellement politique du pays ?

Si l’on en juge par la masse de violations des droits individuels les plus élémentaires enregistrées depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, la question mérite d’être posée.

Avec ou sans cabane

Les Gilets Jaunes de Clermont-Ferrand appellent à reprendre le rond-point du Brézet, lieu phare du mouvement, après la destruction sur décision préfectorale du camp de fortune tenu par les camarades depuis des mois. 

De l’autre côté de la barricade

Police : tu l’aimes ou tu la quittes

Excédés et fatigués, ils ont préféré quitter la police nationale et se reconvertir pour ne pas sombrer dans le désespoir. Aujourd’hui, ils dressent un portrait sans concession de leur ancien métier. Racisme, violences, carriérisme, pression du chiffre, heures sup, abus… Nicolas et Yann racontent.

Reportage : Olivia Müller
Réalisation : Emmanuel Geoffroy, 18 avril 2019

Patrouille de policiers heureux Crédits : Alain Nogues – Getty

Yann vient de la banlieue aixoise. Très jeune, son père lui inculque des principes de droiture, de justice, de loyauté. Il dit avoir toujours voulu bien faire et décide de devenir policier. A dix-huit ans et demi, il obtient un premier poste en banlieue parisienne. Très vite, il se rend compte de la « culture du chiffre » imposée aux policiers.

« J’aimais les affaires judiciaires, mais ce qu’on nous demandait, c’était des affaires déjà élucidées : des petits jeunes avec une barrette de shit. (…) J’avais des affaires beaucoup plus graves mais je ne pouvais pas travailler dessus. C’était plus simple pour tout le monde mais pas pour moi. Psychologiquement, mon idéal était entaché. » Yann

Peu à peu, Yann commence à avoir envie de quitter son métier.

« Je n’ai jamais vu un collègue heureux dans sa vie de flic. Dès que vous commencez à réfléchir, c’est le début de la fin. Vous êtes un fonctionnaire, vous êtes là pour fonctionner. Si vous réfléchissez, soit vous quittez la police, soit vous finissez par mâcher le canon d’une arme, contre vous ou contre les autres. » Yann

Nicolas a choisi de devenir policier à la fin de ses études secondaires. Au début de sa formation, une question lui vient : « Le vol est mal, le vol est puni par la loi. Qu’en est-il alors de Robin des bois ? Ce qui est légal est-il forcément légitime ? »

Bien classé à la sortie de l’école, Nicolas débute dans la brigade ferroviaire de la gare du Nord. Le mythe commence à se fissurer.

« Dès 6h30, il y a les SDF à déloger, les contrôles de fraude dans le métro, alors qu’il y a tellement de choses plus bénéfiques à faire. » Nicolas 

« Les gens ne croient plus en leur métier, ils deviennent amers, désagréables. J’ai vu des choses qui m’ont marqué mais c’est toujours fait intelligemment, c’est-à-dire qu’on reste toujours à la limite. Par exemple, un collègue qui crache sur un SDF, un autre qui s’amuse à prendre les pièces des gamines rom qui font la manche. » Nicolas

C’est lorsqu’il sent qu’il est lui-même en train de changer que Nicolas se rend compte qu’il y a vraiment un problème.

« Je commence à mal parler aux gens, à avoir moins de patience. Je suis cassé à ce moment. J’ai de la rancoeur contre le système, contre cette machine à broyer des hommes. » Nicolas

Podcast :

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De l’indignation à la coopération ?

Puy-de-Dôme : avec la fermeture annoncée de l’usine Bourdon, la production de betterave menacée

A Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme), Fabien Lenormand fait partie des producteurs de betteraves qui pourraient subir les conséquences de la fermeture envisagée de la sucrerie de Bourdon. C. Collet / France 3 Auvergne

Conséquence directe de la fermeture de l’usine Bourdon annoncée le 17 avril 2019, les 400 betteraviers présents en Limagne (Puy-de-Dôme) sont dans une grande inquiétude. Pour mainenir la filière, les producteurs veulent former une coopérative.

Par YFP avec Charline Collet, le 18 avril 2019

La fermeture annoncée de la sucrerie de Bourdon à Aulnat (Puy-de-Dôme) pourrait causer des dommages au-delà des 90 salariés du site. Dans la plaine de Limagne, à cheval sur les départements de l’Allier et du Puy-de-Dôme, ce sont quelque 400 betteraviers qui vivent directement de l’usine..

Parmi eux, Fabien Lenormand, 27 ans, cultive 30 hectares de betteraves à Saint-Beauzire (63). Toute son exploitation est pensée autour de cette culture rentable, qui constitue sa principale source de revenu, en parallèle d’une culture de céréales. « La betterave représente 35 000 euros de chiffre d’affaires. Il faudra les remplacer par d’autres cultures, le blé, le maïs, qui sont plus sensibles à la fluctuation des cours agricoles« . Ce jeune producteur a compris depuis longtemps que la diversification était indispensable pour assurer ses arrières. « On va partir sur des petites productions de niche, comme des tomates. Mais toutes les exploitations n’ont pas la capacité de le faire« .

Vers un projet de coopérative sucrière ?

Baptiste Arnaud, producteur de betteraves à Ménétrol, accuse le coup : « C’est dur pour le moral : on nous avait vendu Cristal comme un groupe solide« . Il voit cependant une solution : la reformation d’une coopérative, qui regrouperait les planteurs du bassin à travers une reprise de la sucrerie. La demande est là, localement, mais aussi en Espagne, car Bourdon est la seule sucrerie au sud de la Loire. « On doit rester soudés entre agriculteurs du Puy-de-Dôme et de l’Allier, et qu’on envisage de repartir avec d’autres partenaires.« , explique Baptiste Arnaud, président des Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme.

Si l’usine de Bourdon ferme, la sucrerie la plus proche se trouve à des centaines de kilomètres, et le coût du transport serait prohibitif. Quelle que soit la solution, elle devra être locale.

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