Les Gilets Jaunes 63

Citoyens, réveillez-vous !

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La grève ou la vie

Puisque nous savons que le gouvernement est au service du pouvoir économique, l’arrêt coordonné du travail est la seule perspective du mouvement.

L’enjeu n’est donc pas celui du « comment » mais du « pourquoi ». Les syndicats finiront par organiser un mouvement de grève générale, mais comme par le passé, aussitôt des aménagements salariaux obtenus, ils nous persuaderont que nous avons gagné et qu’il faut retourner au turbin.

En réalité la balle est dans le camp des travailleurs, l’arrêt massif du travail peut servir à remettre en selle le syndicalisme institutionnel et coller des pansements sur la plaie sociale ou faire entrer le mouvement dans une phase supérieure nous engageant tous sur la voie de l’émancipation de la dictature du fric sur nos vies.

Se parler sans intermédiaires

L’assemblée citoyenne du samedi 8 juin consacrait son après-midi à une rencontre avec les représentants des principaux syndicats et collectifs du département, à l’initiative d’un groupe de Gilets Jaunes.

Il ne sera pas ici question de discuter a posteriori le bien fondé, l’opportunité ni même la légitimité d’une telle démarche. Elle a eu lieu et doit servir de matériau critique à notre mouvement dans les semaines et les mois à venir.

Le nombre relativement important de participants au regard des locaux alternatifs mis à notre disposition (la salle Poly de Montferrand) et les contraintes horaires n’ont pas permis à toutes les personnes présentes de prendre la parole mais le débat peut et doit se poursuivre au-delà de nos assemblées.

Le format suscite d’abord quelques remarques : la salle, coupée en deux, est organisée de façon à ce que les représentants syndicaux soient placés dans une position extérieure et hiérarchique leur conférant globalement la maîtrise des échanges. Une autre organisation spatiale eût été, étant donnée notre mode de fonctionnement horizontal, plus cohérente ; soit que les représentants et militants se fondirent dans l’assemblée, soit qu’ils furent mis symboliquement dans le box des accusés, car nous ne devons pas oublier que les structures syndicales doivent rendre des comptes – puisqu’elles se réclament de l’intérêt des travailleurs – et qu’il n’existe en la matière aucune réciprocité. Nous ne devons de solidarité qu’à nos camarades exploités, aucunement aux appareils et encore moins d’obéissance à une quelconque chefferie. Une occupation différente des lieux aurait favorisé la mise en exergue des contradictions abstraites dans le débat entre le mouvement social et les institutionnels plutôt qu’un volontarisme unanime autour de la « convergence ».

Car au-delà de la forme, cette conflictualité s’est malgré tout manifestée en au moins trois occasions. La première, saisie par un camarade du rond-point du Brézet, a expressément visé les syndicalistes présents et les syndicats dans leur ensemble. Non pas telle ou telle action/inaction des syndicats dans des luttes sociales particulières, pas plus que l’orientation des uns ou des autres mais le syndicalisme comme forme même du mouvement social. Il était bien question de disqualification et de dépassement du syndicalisme par et dans le mouvement social, ce qui a jeté un froid dans la salle l’espace de quelques minutes mais qui n’a pas provoqué le débat nécessaire autour de la fonction des instances de représentation des salariés dans la dynamique des rapports sociaux de production.

La seconde, passée presque inaperçue, s’est matérialisée en milieu de séance lors de l’intervention d’un camarade souhaitant rebondir sur un précédent propos et qui s’est vu sèchement remis à sa place par Frédéric Bochard, secrétaire général de FO Puy-de-Dôme. S’en suit un cours de catéchisme démocratique au nom de la vertueuse tradition syndicale et un rappel aux bonnes mœurs en AG. Choc des cultures.

Gageons que ce monsieur ne doit pas avoir fréquenté beaucoup d’ouvriers au cours de sa longue carrière de professionnel du syndicalisme et encore moins nos rond-points pour adopter cette posture paternaliste au sein de notre groupe. Nous ne demandons pas la permission de parler, nous nous disputons volontiers, nous nous opposons lorsque c’est nécessaire et c’est dans la spontanéité que nous avons créé des liens solides ces derniers mois au grès des rencontres, actions, rassemblements et assemblées. Sans cotisations, subventions étatiques, ni censeurs. À bon entendeur.

Enfin, il y eût cette prise de parole importante d’un camarade cheminot de SUD-Rail qui a resitué son activité de militant syndical dans la longue histoire des luttes d’un secteur hautement malmené dans le cadre des politiques de privatisation conduites depuis plusieurs décennies par les gouvernements successifs sous impulsion patronale. Chronophage et énergivore, son implication dans le mouvement des Gilets Jaunes s’en est trouvée forcément réduite, bien qu’un soutien de principe ait été exprimé dès les premières mobilisations et que nous savons, par nos rencontres sur le terrain, qu’un grand nombre de collègues du rail, se joignent à nos rassemblements, avec ou sans chasuble. Il a été rappelé à l’assemblée que SUD-Rail au sein du mouvement des cheminots de l’année dernière comme des années précédentes luttait pour « l’intérêt général » en défendant la gratuité du train pour tous et non pour des intérêts corporatistes ou sectoriels, idée reçue largement diffuse dans les médias et le discours politique.
À cet autre moment, le débat aurait dû s’engager : quel bilan pour combien d’années de combat syndical ? Si l’accompagnement juridique et prudhommal des salariés par SUD n’est contesté par personne, il n’est évidemment pas de nature, pas plus que les actions ponctuelles de débrayage, à instaurer un réel rapport de force en faveur des travailleurs dans l’entreprise et encore moins dans le reste de la société. Comment expliquer que ceux qui sont en capacité de prendre le contrôle du réseau de transport donc d’enrayer le flux des marchandises en quelques heures ne soient jamais parvenus à organiser une telle offensive ? Cette volonté existe-t-elle chez les syndiqués ? Est-elle annihilée par la direction ? Dans la trajectoire et l’expérience de ce cheminot résidaient les réponses à ces questions cruciales que notre assemblée n’a pas réussit à faire émerger, même si une camarade reviendra à la charge en fin de séance, sans plus de succès auprès des autres représentants syndicaux.

Au cours des débats, Frédéric Bochard qualifia à plusieurs reprises notre mouvement d’expression de la lutte des classes mais n’a pas expliqué en quoi son syndicat, Force Ouvrière, fût par le passé un acteur de celle-ci, ni quels sont aujourd’hui ses objectifs. Un représentant de la CFDT a été plus loquace lorsqu’il rappela les « rôles et attributions » de chacun, c’est-à-dire la séparation et la spécialisation des tâches au sein même du mouvement social, divisions que les Gilets Jaunes tentent précisément d’abolir.

Bien que fait de non-dits et d’impensés, a plané sur l’assemblée le vieux débat, tranché par l’Histoire, sur la vocation réformiste des syndicats.

Dans un article au titre provocateur, Les syndicats contre la révolution, Benjamin Péret écrivait dès 1952 :

« […] même lorsque le syndicalisme adopte des principes de lutte des classes, il ne se propose à aucun moment, dans le combat quotidien, le renversement de la société ; il se borne au contraire à rassembler les ouvriers en vue de la défense de leurs intérêts économiques, dans le sein de la société capitaliste. Cette défense prend parfois un caractère de combat acharné, mais ne se propose jamais, ni implicitement, ni explicitement, la transformation de la condition ouvrière, la révolution. […] aucune action ne sera jamais entreprise dans ce but.»

 

Si la subversion de l’ordre inique capitaliste, basé sur l’exploitation et l’aliénation des travailleurs, est exclue du programme des syndicats, comment peuvent-ils dans le même temps se présenter comme les outils de leur émancipation ?

Péret poursuit :

« Le syndicat, né d’une tendance réformiste au sein de la classe ouvrière, est l’expression la plus pure de cette tendance. Il est impossible de parler de dégénérescence (ou de trahison NDLR) réformiste du syndicat, il est réformiste de naissance. À aucun moment, il ne s’oppose à la société capitaliste et à son Etat pour détruire l’une et l’autre, mais uniquement dans le but d’y conquérir une place et de s’y installer. Toute son histoire, de 1864 à 1914, est celle de la montée et de la victoire définitive de cette tendance à l’intégration dans l’Etat capitaliste, si bien qu’à l’éclatement de la première guerre mondiale, les dirigeants syndicaux, dans leur grande majorité, se retrouvent tout naturellement du côté des capitalistes auxquels les unissent des intérêts nouveaux issus de la fonction que les syndicats ont fini par assumer dans la société capitaliste. Ils sont alors contre les syndiqués qui, eux, voulaient abattre le système et éviter la guerre et ils le resteront désormais pour toujours. »

On pourrait penser qu’il s’agit là d’une position extrême et minoritaire au sein du mouvement social, dans lequel les syndicats sont, de fait, engagés.

Voici ce que Yves Veyrier, le nouveau secrétaire général de FO clamait lors d’un entretien en novembre dernier, au plus fort de la mobilisation des Gilets Jaunes :

Vous avez été élu avec le soutien des réformistes de FO. C’est leur victoire ?

« Les réformistes ont forcément gagné car à Force ouvrière, nous sommes tous réformistes. La confédération a gagné, l’ensemble des militants a gagné, nous avons montré que nos statuts, notre mode de fonctionnement est efficace et moderne. »

Ce que Yves Veyrier ne semble pas comprendre, c’est que c’est cette modernité réformiste, en tant qu’idéologie de la classe dominante, qu’ont balayé des millions de gaulois réfractaires sous la bannière des Gilets Jaunes, en neutralisant ses deux principaux pôles : les partis politiques et les syndicats.

C’est donc moins aux structures et directions qu’à nos camarades syndiqués que nous devons parler pour faire renaître chez eux comme dans l’ensemble de notre classe sociale l’aspiration au dépassement du monde de la domination économique. Les crises successives et sans cesse plus fréquentes que nous subissons, industrielles, financières, bancaires, politiques, institutionnelles, sanitaires et environnementales sont celles de la dictature de l’économie sur nos vies. En revendiquer les mécanismes de production, à savoir le salariat, l’argent et l’État c’est déplorer les effets de notre misère tout en en chérissant les causes !

Sur les trois heures qu’auront durées l’assemblée, l’expression grève illimitée n’aura jamais été prononcée par les responsables syndicaux qui lui ont préféré l’idée plus confuse et moins engageante de « blocage » comme perspective d’action. Paradoxalement, c’est un camarade salarié du privé qui brisa le tabou pour en souligner les difficultés d’organisation dans un contexte de précarité contractuelle et d’endettement des ménages. Relativisons ces obstacles et souvenons-nous que les travailleurs indiens, argentins, grecs ou soudanais, qui connaissent des situations plus extrêmes que les nôtres, n’ont pas hésité à prendre des risques ces derniers mois en arrêtant le travail. En outre, l’échec ou le succès d’un mouvement de grève provient des conditions qui la sous-tendent (selon que les travailleurs revendiquent une amélioration de leur sort, comme c’est le cas dans la grève sectorielle et générale ou entreprennent de révolutionner l’organisation sociale toute entière en cessant la production et occupant les lieux de travail) donc de son ampleur dans l’espace et dans le temps mais aussi et surtout de son autogestion par les salariés eux-mêmes.

Certes, les actions ciblées visant à affecter la chaîne logistique partout sur le territoire ont été de notre initiative, mais on ne peut pas dire que les syndicats aient embrayé en préparant un mouvement de grève à la hauteur de la situation sociale et dont ni les acteurs ni l’État ne peuvent jamais présumer de la tournure.

Nous posons donc la question aux camarades dans les entreprises, syndiqués ou non : l’heure est-elle à la réforme politique et aux ajustements salariaux ou au conflit ouvert avec l’ordre marchand en vue de reconquérir nos vies ?

Le retour de la question sociale

Pour une fois, Macron dit vrai : le mouvement n’a plus de débouché politique.

Il a juste un train de retard, les Gilets Jaunes ayant renvoyé dos à dos et pour l’ensemble de leur œuvre les partis politiques et les appareils syndicaux dès le 17 novembre.

C’est d’ailleurs pour cela, ne craignant pas le paradoxe, qu’il appelle les hommes et les femmes engagés dans la lutte sociale à déposer les armes en se rendant aux urnes le 26 mai prochain… et tant qu’à faire, à « se présenter aux élections. »

Car la vraie terreur de la classe dominante est bien l’abolition des intermédiaires entre les sans-dents et elle, dont le système dit démocratique et son cirque électoral sont le fer de lance.

Rupture que nous avons opéré et sans demander la permission de ce gouvernement, ce qui nous vaut le déchaînement de violence de l’État.

« La démocratie, ça ne se joue pas le samedi après-midi » nous dit-il. Là aussi il a raison bien malgré lui : ce qui se joue sur les ronds-points toute la semaine est l’auto organisation d’une classe sociale et l’élaboration d’un projet commun qui entendent dépasser le monde du fric et de la politique dont lui et son gouvernement mais aussi l’ensemble de la technostructure européenne sont la synthèse.

Qu’il nous (re)fasse le coup de la « positive attitude » est de bonne guerre mais chacun sait que la négation d’un réel présenté comme immuable est le premier rouage du mouvement de l’Histoire.

Lorsque l’on regarde dans le rétroviseur social, ce que nous avons réalisé en six mois de combat est immense : non pas quantitativement, les bidouillages budgétaires n’ont pas vocation à résoudre nos problèmes, seulement gérer le conflit que nous avons ouvert, mais qualitativement car nous avons recrée les liens non marchands que cette société s’emploie à détruire depuis si longtemps.

Ces liens sont le ferment de notre mouvement, qui, de la contestation de points de détail est devenu le lieu d’expression de nos possibilités humaines et de notre soif de vivre. Dans cette confrontation, nos expériences, bonnes ou mauvaises sont la matière première de la conscience révolutionnaire qui reconnaît en chacun ses propres conditions d’exploitation et le désir ardent d’en sonner le glas. Elles sont les outils, sans cesse perfectionnés, de notre émancipation.

Dans le système capitaliste c’est l’économie qui donne le las, que la souverainté soit entre les mains de tel ou tel parti, telle ou telle institution ou échelon politique.

Pour ne considérer que les exemples les plus récents, le Parti pirate en Islande, Syriza en Grèce, Podemos en Espagne ou encore le Mouvement cinq étoiles en Italie : aucune de ces structures n’a été capable d’impulser une dynamique de transformation depuis leurs parlements et il n’y a là aucune surprise ni déception car l’Histoire a depuis deux siècles fait le procès de la social-démocratie tout autant que du nationalisme ; les travailleurs ont seulement à puiser dans la mémoire des luttes paysannes et ouvrières pour renouer avec l’évidence selon laquelle la « question sociale » n’est jamais posée que par eux-mêmes et dans des termes qui dépendent de leurs conditions matérielles d’existence immédiates.

Si nous voulons réellement rompre avec l’organisation sociale actuelle et son mode de production destructeur, il va falloir porter le combat sur le terrain de l’adversaire et non là où par définition il nous domine – puisqu’il détermine entièrement le jeu politique – à savoir nos lieux d’exploitation.

Perdons nos dernières illusions, resserrons les rangs et réfléchissons dès aujourd’hui aux moyens de fédérer autour du plus vaste mouvement de grève que ce pays ait jamais connu.

Ainsi, nous ferons plus que bouger les lignes car nous resterons acteurs de notre mouvement et déciderons jusqu’où nous désirons le porter.

Zone à dé(cons)truire

Sous un ciel chargé, les Gilets Jaunes de l’agglomération clermontoise se sont donnés rendez-vous Boulevard Gustave Flaubert le samedi 11 mai pour une action de bloquage de l’entrée du centre commercial E.Leclerc La Pardieu afin de protester contre la cherté de la vie. 

Sous les applaudissements et les slogans scandés des camarades, une jolie pyramide de caddies a été dressée devant les portes automatiques, réduisant ainsi pendant quelques dizaines de minutes l’accès au magasin.

Les agents de sécurité (aujourd’hui gilets oranges soumis, demain Gilets Jaunes en révolte) ne sont pas intervenus, l’opération a pu être menée jusqu’à son terme et le moment de « désobéissance civile » immortalisé dans un mélange de saine colère et de joie.

Au-delà de l’agitation autour des conditions de vie misérables d’un nombre croissant de français, pour qui l’achat des denrées de base devient un sujet de préoccupation mensuel et parfois hélas une difficulté du quotidien, l’irruption des Gilets Jaunes en zone industrielle, rebaptisée ZAE (zone d’activités économiques) pour les besoins du tertiaire, est significative : elle est à la fois l’extension et le pendant négatif du rond-point des sociabilités jaunes.

Comme fût pris d’assaut l’impersonnel giratoire, ce carrefour de la marchandise humaine alimentant nos villes en flux permanent de chair à travail, il était logique que sa destination impérative, les grands magasins euphoriques de la société de consommation devînt la cible du sabotage de la conscience réfractaire.

Les grandes surfaces privatives de la marchandisation universelle symbolisent aussi le système politique de prévarication et l’exploitation salariale inhérents au mode de production capitaliste qui ravage nos territoires. 

Du trucage des marchés publics aux régimes d’exonération des zones franches urbaines en passant par l’escroquerie du CICE, nous savons combien les grands groupes de la distribution ont leur part de responsabilité dans la dilapidation du fruit de notre labeur.

La composition du capital social de ces sociétés, souvent cotées en bourse, induit des politiques managériales tyranniques et une présurisation du personnel tout au long de la chaîne logistique quand la concurrence du secteur n’impose pas la fermeture de sites avec son cortège de plans dits sociaux.

En tant qu’intermédiaires parasites entre le monde de la production agricole et le consommateur elles représentent aussi l’antithèse de notre aspiration à vivre en adéquation avec les rythmes de la nature dans des cités à taille humaine où les frontières entre paysans et habitants seraient inexistantes.

Il paraît que les hypermarchés sont menacés par le développement du numérique et un retour au commerce de proximité. Les Gilets Jaunes se battent pour dépasser un système tout entier, nous n’accueillons donc pas l’annonce de la « dématérialisation » du procès de production comme une bonne nouvelle, le cas Amazon manifestant au contraire la dégradation des conditions de travail de salariés précarisés à outrance et aliénés comme jamais à la rationalisation technologique des tâches.

Mais si ces temples de l’ersatz venaient à disparaître, nous danserions volontiers sur leurs ruines.

 

Sans invitation

Plusieurs dizaines de Gilets Jaunes se sont rendus au meeting de la liste LAREM aux européennes dite « Renaissance » organisé ce samedi à Cournon par la section locale pour faire savoir tout le bien qu’ils pensent de la politique actuelle du gouvernement.

Une action non violente de sabotage de campagne qui rappelle aux partis engagés dans la course au parlement européen, que le mouvement social entend bien continuer à peser dans le débat et ne se laissera pas imposer son agenda politique comme ce fût le cas en 2005.

Duel au gourdin, la Rixe, Francisco de Goya, 1819-1823

Bravo aux camarades présents ! Multiplions les initiatives et concentrons nos forces !

Critique de proximité

 

Fondé en 2012 par Julien et Etienne Dupoux, deux frères Creusois, fils de fermier de Fontanières, ce trimestriel totalement indépendant (et bénévole) couvre l’actualité de la Creuse, de l’Allier et du Puy-de-Dôme sous le prisme des rapports de pouvoir locaux entre paysannerie, citoyens, État et intérêts privés.

Le canard est tiré à mille exemplaires et diffusé chez les marchands de journaux d’une dizaine de cantons. Des enquêtes, reportages de terrain et une ligne éditoriale satirique que ne saurait renier tout bon Gilet Jaune qui se respecte. 

Nous invitons tous les camarades mobilisés au sein du mouvement régional à soutenir l’équipe de rédaction qui a besoin de renfort pour que continue à vivre Le Trou des Combrailles, porte-voix de nos territoires depuis presque une décennie et précieux allié du combat à venir dans lequel nous sommes tous engagés.

Diffusez, proposez, agissez !

Adresse : Mairie, 63330 Vergheas. Contact : 05 55 82 37 91. Adresse électronique : troudescombrailles@gmx.fr

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Plan de bataille

(SE) PRÉPARER (A) LA TEMPÊTE

Par Cerveaux non disponibles, le 11 avril 2019

Il y a deux façons d’analyser la période actuelle du mouvement des Gilets Jaunes : la première, celle du gouvernement et des médias, consiste à se convaincre que la mobilisation s’essouffle de samedi en samedi et que le mouvement va petit à petit prendre fin, notamment grâce au miracle du grand débat.

L’autre façon d’analyser cette séquence est beaucoup plus enthousiasmante : depuis quelques jours, une effervescence presque souterraine traverse le mouvement. Au-delà des mobilisations du samedi, de nombreux citoyens se réunissent et lancent des initiatives : l’appel de Saint-Nazaire, la semaine jaune, le front populaire à partir du 27 avril, des propositions de jonction entre mouvement écolo et GJ, l’occupation des ronds-points avec des banquets à partir du 04 mai, l’appel pour un 1er mai offensif et solidaire…

Nous pourrions donc être dans cette fameuse période de “calme avant la tempête”. Avec l’idée que la tempête débuterait le 20 avril avec le deuxième ultimatum sur Paris. A partir de cette date, un enchainement d’actions et d’initiatives pourrait lancer une dynamique de lutte quasi permanente, afin de rompre avec les deux aspects les plus décriés du mouvement : les manifs déclarées et inoffensives et le fait d’agir uniquement le samedi.

Si cette prévision se révèle juste, il importe à tous ceux qui aspirent à un changement radical du système d’utiliser les derniers jours de calme pour préparer au mieux cette tempête.

1/ Se préparer personnellement, pour savoir jusqu’où l’on est prêt à engager son corps et sa vie personnelle/professionnelle dans cette lutte. En cela, il est assez étonnant de voir que malgré les menaces et la répression aveugle que subit le mouvement, plus de 40 000 personnes se sont inscrits sur les divers événements du 20 avril. Encore plus surprenant, plus de 10 000 personnes sont inscrites sur l’événement facebook du 1er mai « Acte Ultime, Paris Capitale de l’émeute » ! C’est un signe fort qu’une partie de plus en plus grande de la population ne supporte plus d’être écrasée et humiliée par quelques puissants, et qu’aucune carotte ni aucun bâton ne pourra calmer cette colère.

L’ampleur des mobilisations du 20 avril, du 27 avril, du 1er mai et des jours suivants sera ultra déterminante. Le mouvement s’approche en effet d’un seuil critique de personnes présentes et offensives. Un seuil qui pourrait transformer la révolte en véritable remise en cause du système. Mais, en plus d’une mobilisation massive et encore supérieure à celle du 16 mars, il faudra également avoir préparé le terrain pour construire des espaces de luttes avant et après les manifestations de rue.

2/ Se préparer collectivement donc. Car les différentes mobilisations auront beau être massives et déterminées, il faudra être en mesure de proposer aux Gilets Jaunes et autres citoyens en colère des lieux pour se réunir dans la durée. Des lieux pour débattre. Des lieux pour initier des propositions politiques et sociales. Des lieux également pour rencontrer les citoyens qui ne seraient pas encore entrés dans la lutte mais qui pourraient le faire : occupations de rond-points, création de cabanes de GJ, occupations de bâtiments, de places… Reprenons ce qui est à nous, et reprenons le pour lutter et pour se rencontrer. De nombreuses autres idées peuvent (et doivent) sûrement voir le jour. La chance du mouvement, et sa force, se trouve dans son horizontalité et dans le fait que chacun peut lancer une idée, et que celle-ci se verra réalisée si assez de GJ la trouve intéressante et souhaitent la mettre en œuvre. Que ces jours soient donc la période où fleurissent les idées et les propositions. Pour que dans quelques jours puissent éclore les fleurs de la révolte.

Soutenez les camarades de la vie manifeste

https://laviemanifeste.com/archives/12015

Les Gilets Jaunes d’Ambert

À mi-chemin entre Ambert et Marsac, sur la D906, un groupe d’une quinzaine de valeureux camarades tient un rond-point transformé tous les dimanches à partir de 17h en lieu de palabre sur les thématiques qui préoccupent notre mouvement.

Ouvert à tous, ces ateliers font l’objet de synthèses et publications sur les réseaux sociaux afin de partager et prolonger le débat avec le plus grand nombre.

https://m.facebook.com/groups/384307855647075?group_view_referr

Tous les Gilets Jaunes du Puy-de-Dôme ou de passage dans la région sont invités à participer à ces assemblées hebdomadaires afin d’enrichir nos réflexions, clarifier nos positions et définir une stratégie face aux politiques gouvernementales et la paupérisation croissante de nos villes et nos villages !

Rejoignez-les !

Par-delà les corporatismes

Hôpitaux et Fonction Publique : grève unitaire et manifestations le 9 mai

Communiqué intersyndical du 12 avril 2019

Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires, et UNSA de la Fonction publique affirment de nouveau leur attachement aux valeurs du service public et à une Fonction publique au service de toutes et tous, porteuse de l’intérêt général.

Depuis de nombreux mois, en dépit de leurs revendications et propositions, elles constatent que le pouvoir exécutif poursuit une politique contraire aux intérêts de la population, néfaste pour les missions publiques et pour les agent-e-s. Le gouvernement pratique le double langage en prônant la modernisation de la Fonction publique et le respect des agent-e-s public-que-s, alors même qu’il ne revalorise pas leur rémunération, qu’il supprime des postes, engendrant une forte dégradation des conditions de travail, et veut affaiblir leurs droits et garanties.

Les personnels, avec leurs organisations syndicales, revendiquent l’augmentation de la valeur du point d’indice afin d’améliorer leur pouvoir d’achat, la suppression du jour de carence et rappellent leur opposition aux 120 000 nouvelles suppressions de postes annoncées.

A de multiples reprises, nos organisations se sont opposées à ces mesures et ont mis sur la table des propositions alternatives.

Poursuivant leur politique, toujours sans tenir grand compte des organisations syndicales représentatives, le Président de la République et le gouvernement comptent faire adopter au Parlement, d’ici au début de l’été, une loi dite de transformation de la fonction publique dont nombre de dispositions ont une portée très grave tant pour les agent-e-s et les citoyen-ne-s que pour l’avenir de la Fonction publique.

Il en est ainsi, par exemple, de la mise en place d’une instance unique en lieu et place des comités techniques et CHSCT, instance qui risque de diluer et amoindrir les actions dans des domaines essentiels de la sécurité, de la santé et de la vie au travail. C’est aussi le cas avec la suppression des compétences des CAP en matière de promotion et de mobilité, mesure qui va favoriser une gestion opaque et priver les personnels de recours contre l’arbitraire.

Avec le recours au recrutement accru à tous les niveaux de contractuel-le-s, la précarité sera encore aggravée particulièrement avec des contrats de mission à durée déterminée pouvant être rompu à tout moment. Par ailleurs, aucune amélioration substantielle des garanties collectives ni sécurisation des parcours professionnels n’est envisagé pour les contractuel-le-s pas plus qu’un encadrement plus strict des conditions de recrutement et de formation. De plus, c’est l’égalité d’accès aux emplois publics et les garanties de neutralité de l’agent public qui sont menacées.

Après des communiqués unitaires, après des délais de consultations des instances supérieures de la Fonction publique peu respectueuses d’un dialogue social de qualité, après que toutes les organisations représentatives de la Fonction publique aient donné un avis défavorable au projet de loi dit de transformation de la fonction publique, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires, et UNSA réaffirment leur volonté de mettre en œuvre un processus de mobilisation inscrit dans la durée.
Pour dire non au projet de loi de transformation de la fonction publique et pour demander au gouvernement qu’il ouvre enfin des négociations sur de nouvelles bases, elles appellent d’ores et déjà toutes et tous les agent-e-s de la Fonction publique à se mettre en grève le jeudi 9 mai prochain, étape forte du processus de mobilisation.

Ndlr : Nombreux sont les Gilets Jaunes liés par leur profession à la Fonction Publique et tous sont attachés à la qualité de ses services. Ces derniers, par nécessité et solidarité soutiennent donc les agents du secteur, le principe de la grève et des manifestations. 

La stratégie unitaire est évidemment la bonne, cependant beaucoup d’entre nous sont sceptiques quant aux capacités (velléités ?) syndicales à durcir le ton et engager le mouvement social dans une lutte offensive plutôt que défensive dont l’on observe les échecs année après année.

Nous apportons donc notre soutien aux camarades exploités de la Fonction Publique, personnel hospitalier, salariés des EHPAD, employés municipaux, précaires de l’Éducation Nationale et des collectivités territoriales ; Mais nous appelons également les bases syndicales à exiger de leur direction une ligne claire et combative visant à la redéfinition complète du rapport de force entre l’État et les travailleurs.

Le temps du « dialogue social » est révolu. Ce sont les misérables conditions de vie matérielles et morales des masses salariées qui l’ont aboli, et la politique du gouvernement qui en a officialisé la rupture : le mouvement des Gilets Jaunes est la traduction de cette conflictualité grandissante. 

Nous disons à nos camarades fonctionnaires que le champ de la lutte doit être élargi à son maximum car le sens de leur engagement pour la collectivité ne pourra être retrouvé que dans notre émancipation commune des forces inhumaines de l’argent, celles pour qui la vie n’a d’autre valeur que celle du profit et de la rentabilité, qui saccagent nos existences, transforment celles de nos aînés en enfer et sabotent celles de nos enfants. 

Rejetons toutes les médiations qui voudraient nous enserrer dans de stériles et interminables discussions, conférences, Grenelles et ainsi nous retirer les moyens et objectifs de notre lutte ! Nous Gilets Jaunes, ne signerons aucun pacte ! Car c’est bien à l’assaut de la vie toute entière que notre mouvement est parti le 17 novembre dernier !

Amis salariés de l’État, grossissez nos rangs, nous grossirons les votres jusqu’à ce que le mouvement social ne fasse plus qu’un dans l’affirmation radicale de notre désir subversif : ni coupes ni rallonges budgétaires, ni austérité ni croissance, sortons de cette logique mortifère et plaçons ici et maintenant nos besoins essentiels au centre de la production humaine ! Assez de la gestion comptable et verticale de nos établissements ! Allons conquérir la dignité, la joie et l’amour intergénérationnel dont nous prive la division sociale du travail et le mode de production capitaliste !

Avec ou sans cabane

Les Gilets Jaunes de Clermont-Ferrand appellent à reprendre le rond-point du Brézet, lieu phare du mouvement, après la destruction sur décision préfectorale du camp de fortune tenu par les camarades depuis des mois. 

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